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Auteur : Smunchie Classé dans : Films  
[Critique] La Taupe Films

Il y a quelques jours, encore et toujours grâce à AlloCiné, nous avons pu découvrir en avant-première La Taupe (Tinker Tailor Soldier Spy en VO), un film d’espionnage au casting de choc. Suivant assez peu l’actualité cinématographique, nous n’avions jamais entendu parler de ce film jusqu’à recevoir l’invitation, et il a donc une nouvelle fois fallu que je motive Aza pour nous y rendre.

La Taupe (Tinker Tailor Soldier Spy)

Pourtant, La Taupe est loin d’être une petite production, comme nous l’avons découvert le jour même de la projection : avec pas moins de 11 nominations aux BAFTA 2012, il se place en effet juste derrière The Artist, qui lui en rafle 12 (well done ! ;) ). Autant dire que si le film se fait pour l’instant très discret en France (aucun de nos proches ne semblait davantage en avoir entendu parler que nous), il devrait très vite faire du bruit à l’approche de sa sortie, le 8 février prochain.

C’est donc rassurés sur la qualité du film que nous allions voir, mais tout de même intrigués, que nous nous sommes rendus au désormais habituel Forum des Images pour assister à la séance. Une séance de 2h07 précisément, 2h07 pour un thriller au scénario haletant mais qui allait nous demander un peu de concentration :p

La Taupe (Tinker Tailor Soldier Spy)

Etant donné que je ne suis pas sûre de réussir à trouver les mots justes pour vous expliquer clairement le scénario sans toutefois trop vous spoiler, je me contenterai pour cette fois du synopsis d’AlloCiné, dont l’inhabituelle longueur en dit fort sur sa « complexité » :

1973. La guerre froide empoisonne toujours les relations internationales. Les services secrets britanniques sont, comme ceux des autres pays, en alerte maximum. Suite à une mission ratée en Hongrie, le patron du MI6 se retrouve sur la touche avec son fidèle lieutenant, George Smiley.
Pourtant, Smiley est bientôt secrètement réengagé sur l’injonction du gouvernement, qui craint que le service n’ait été infiltré par un agent double soviétique. Epaulé par le jeune agent Peter Guillam, Smiley tente de débusquer la taupe, mais il est bientôt rattrapé par ses anciens liens avec un redoutable espion russe, Karla. Alors que l’identité de la taupe reste une énigme, Ricki Tarr, un agent de terrain en mission d’infiltration en Turquie, tombe amoureux d’une femme mariée, Irina, qui prétend posséder des informations cruciales. Parallèlement, Smiley apprend que son ancien chef a réduit la liste des suspects à cinq noms : l’ambitieux Percy Alleline, Bill Haydon, le charmeur, Roy Bland, qui jusqu’ici, a toujours fait preuve de loyauté, le très zélé Toby Esterhase… et Smiley lui-même.
Dans un climat de suspicion, de manipulation et de chasse à l’homme, tous se retrouvent à jouer un jeu dangereux qui peut leur coûter la vie et précipiter le monde dans le chaos. Les réponses se cachent au-delà des limites de chacun…

La Taupe (Tinker Tailor Soldier Spy)

Vous l’aurez compris (sinon, n’allez pas voir le film ^^’), La Taupe est donc un pur film d’espionnage, dans lequel le doute plane continuellement sur ses principaux acteurs. Même si Smiley a à présent une vision extérieure de la situation, son investigation fait resurgir beaucoup d’éléments du passé, du temps où il appartenait encore au « Cirque » (surnom du MI6), ce qui donne parfois lieu à des flashbacks très justement mis en scène. La narration est parfois longuette, les dialogues pleins de silences et de non-dits, mais chacun d’eux apporte aussi des réponses, de petites briques qui font, très progressivement, avancer l’enquête. On pourra reprocher à La Taupe de manquer de rythme, d’être parfois davantage un film contemplatif qu’un thriller mordant. Mais le scénario avance malgré tout pas à pas, les pièces du puzzle s’emboîtent, et celui-ci en compte tant qu’il vaut peut-être mieux après tout laisser tranquillement au spectateur le temps de les assimiler. Quand je vous disais que ce film nous avait demandé de la concentration, c’est surtout que le scénario comprend de nombreux fils difficiles à démêler. De nombreux personnages interviennent, et les dialogues sont davantage faits de silence que d’échanges de paroles clairs et précis. Si le spectateur se perd parfois un peu dans tout ce « cirque » (jeu de mot foireux time), on pourra cependant reconnaître une chose : jusqu’au bout, il est difficile de savoir avec certitude qui est vraiment la taupe ; un doute qui permet au scénario de conserver tout son intérêt et toute sa saveur jusqu’aux toutes dernières minutes.

Côté acteurs à présent, je vous avais parlé d’un casting de choc, et je n’en démords pas. Fait amusant, La Taupe s’est payé une bonne partie du casting d’Harry Potter. Smiley est ainsi incarné par Gary Oldman (Sirius Black), Control par John Hurt (Mr Ollivander), Alleline par Toby Jones (Dobby XD), Bland par Ciarán Hinds (Abelforth Dumbledore), et j’en passe… beaucoup ! Mais on retrouve également une poignée d’autres acteurs ayant récemment marqué le cinéma ou la tévision (et même le Club 300 :p) : Benedict Cumberbatch (Sherlock dans la série du même nom) dans le rôle de Peter Guillam, Colin Firth (George VI dans l’excellent Le Discours d’un Roi !) dans celui d’Haydon, Tom Hardy (Tommy dans Warrior) dans celui de Ricki Tarr, ou encore Mark Strong (Lord Blackwood dans le film Sherlock Holmes) dans celui de l’agent Jim Prideaux. Les têtes connues ne cessent de se succéder, et il m’est arrivé à plusieurs reprises de louper une partie des dialogues, trop occupée que j’étais à me dire « Sa tête me dit quelque chose… mais dans quel film c’était déjà ?? » :p Alors bien sûr, des acteurs « en vogue » ne font pas la qualité d’un film. Mais pour le coup, le casting colle, et on sent bien qu’aucun n’est là juste pour faire de la figuration. Les acteurs sont bons, et le film n’en est que meilleur.

La Taupe (Tinker Tailor Soldier Spy)

Finalement, un petit mot très rapide (car je n’ai pas l’oreille très musicale) sur les musiques. Comme je vous l’ai déjà dit, La Taupe est un film parfois assez contemplatif : pas d’action, pas de coups de feu, pas d’explosions, et même, parfois, pas de dialogues. Autant dire que contrairement à certains films où elle est secondaire car cachée par tous les bruitages, la bande son est ici très importante. Et heureusement, le compositeur, Alberto Iglesias, a fait du très bon boulot. Les morceaux collent parfaitement à l’ambiance du film, et même s’ils ne marquent pas les esprits, ils remplissent parfaitement leur rôle sur toute la durée de l’oeuvre.

Quoi qu’il en soit, je me rends compte à la rédaction de cet article que, même si le temps m’a parfois paru un peu long lors de la projection et que j’ai clairement senti les 2h07 de film passer, je garde de La Taupe un très bon souvenir. Il faut dire que peu de productions actuelles mettent véritablement l’accent sur l’intrigue, et les quelques thrillers qui essaient échouent lamentablement en la saupondrant à outrance d’action hollywoodienne. La Taupe a fait le choix risqué, mais judicieux, de se baser sur le fond plutôt que sur la forme. Les plus formatés aux productions américaines (ou américaines-like) qui envahissent les écrans depuis des années, mourront donc peut-être d’ennui devant son manque de rythme, mais les autres (re)trouveront le plaisir d’un scénario recherché et bien ficelé, ce qui n’était pas forcément évident dans le genre tout de même déjà bien exploité de l’espionnage.




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   Posté le 20/01/12 à 15:35:14
     

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