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A propos de Smunchie
Auteur : Smunchie Classé dans : Jeux vidéo  
[Test] Alan Wake Jeux vidéo

Il y a quelques temps, Microsoft nous a fait parvenir Alan Wake, le dernier né du studio Remedy (Max Payne), accompagné de son petit kit presse. Un très bel arrivage qui ne m’a cependant pas empêchée de craquer quand même pour les versions collector du jeu et de l’artbook avant même de l’avoir testé, rien que pour la beauté de ces 2 objets :p Autant dire qu’avec tout ça, mieux valait que l’écrivain soit à la hauteur de sa renommée.

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In Darkness — Fight With Light

Mais avant de savoir si tel fut le cas, replaçons les choses dans leur contexte. Alan Wake, le jeu, emprunte son nom à son personnage principal, un écrivain à succès. En public, tout semble lui sourire, mais en privé il se laisse aller à des moments de colère et de désintérêt pour ses écrits, au point de parfois sombrer dans l’alcoolisme. Bien décidé à redevenir l’Alan qu’il était et à retrouver le goût de l’écriture et l’inspiration pour le bien de son couple, il part en vacances avec sa femme dans la petite ville calme et paisible de Bright Falls. Mais à leur arrivée, à peine la nuit tombée, le cauchemar commence. Alice, la femme d’Alan, disparaît soudainement comme enlevée par les ténèbres, et notre héros se réveille incapable de se souvenir de ce qu’il s’est passé. Mais le pire reste à venir pour lui, car la recherche de sa femme l’amène à découvrir éparpillées les pages de son nouveau manuscrit qu’il n’a cependant pas conscience d’avoir écrit et que les forces obscures de Bright Falls semblent lui réclamer en rançon. Mais rien ne peut faire reculer Alan dans sa quête pour sauver Alice.

Ce scénario digne des thrillers les plus sombres est le prétexte à une ambiance terrifiante à souhait. Dans Alan Wake, les ténèbres occupent la place majeure et, en leur cœur, de nombreux ennemis rôdent. Pour les combattre, l’écrivain n’a que peu d’armes à sa disposition, et celles-ci demeurent inefficaces en l’absence de lumière. Avant de pouvoir infliger le moindre dégât à un adversaire, il faudra en effet l’avoir suffisamment éclairé au préalable pour le faire sortir des ténèbres qui le protègent. Pour cela, Alan dispose d’une lampe torche qu’il faut veiller à garder en bon état de marche en en changeant régulièrement la pile (les Energheizer, c’est plus ce que c’était :p). Cela fait, c’est à coups de pistolet, de fusil de chasse ou encore de lance-fusées que l’on pourra ensuite achever ses ennemis. Mais là encore, les munitions sont limitées et les chargeurs ont une capacité relativement restreinte qui encourage à ne pas louper sa cible. Certaines fusées éclairantes et autres grenades incapacitantes traînent également parfois sur le sol ou dans les maisons, laissant au joueur une excellente alternative à la lampe torche le temps de quelques affrontements. Enfin, la dernière alternative (et souvent la meilleure en l’absence de munitions) est tout simplement de s’enfuir en espérant trouver une source de lumière qui pourra nous abriter, et surtout nous sauver. Mais là encore, la difficulté est importante, car Alan a beau être courageux il n’est pas pour autant très athlétique et il s’essouffle très vite. Prendre la fuite se résume donc généralement à clopiner entre les arbres en essayant d’éviter les haches et autres objets tranchants que nos ennemis nous lancent dans notre dos.

Si la jouabilité d’Alan Wake s’avère moins rigide que celle d’un Silent Hill, elle n’est donc cependant pas pour autant beaucoup plus propice aux affrontements, qui pourtant sont légion. A la moindre apparition d’un ennemi, le stresse monte d’un coup. Il faut dire que ceux-ci sont rapides et que même si Alan a la capacité d’esquiver, il se fatigue trop vite pour que cela soit d’une grande aide très longtemps. Même s’il n’est pas rare de se retrouver totalement encerclé, il faut donc faire de son mieux pour survivre et atteindre la prochaine zone de lumière qui nous remettra d’aplomb.

Scénario particulièrement sombre, décors le plus souvent plongés dans la nuit, très peu d’aide extérieure et équipement remis à zéro à chaque début de chapitre, il n’en fallait pas tant pour me terrifier devant mon écran =D Pari réussi pour Alan Wake qui sur le plan de l’ambiance surpasse à peu près tous les survival-horror auxquels il m’a été donné de jouer. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas été aussi crispée à ma manette, et le pauvre Aza a interrompu ses propres occupations plus d’une fois pour venir me rassurer (et se moquer de moi intérieurement peut-être :p) ^^’ Autant dire que les fans du genre seront comblés !

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Du fond à la forme

D’autant plus que techniquement, le jeu s’en sort très bien. Outre son gameplay relativement bien conçu pour un jeu de ce type, graphiquement il fait également plaisir à voir. De jour, les paysages de Bright Falls sont magnifiques en plus d’être diablement rassurants. De nuit, même s’il est vrai que les décors sont moins enchanteurs, ils n’en demeurent pas moins bien conçus. Les textures sont lisses, agréables à l’œil, les effets de lumière sont particulièrement réussis, et la modélisation des personnages est très correcte. De plus, les paysages sont tout de même assez variés bien que toute l’action de passe dans la même ville. On regrettera cependant juste une utilisation massive des forêts, certes particulièrement stressantes, mais cela fait quand même beaucoup d’arbres dans un seul jeu =D

Je conclurai enfin sur les points positifs d’Alan Wake avec sa bande son. A la manière d’un roman, ce jeu est découpé en chapitres (au nombre de 6) donc chacun commence avec un petit récapitulatif des événements qui l’ont précédé et se termine sur une révélation à la manière d’une série à suspense. Bien que cette manière de présenter l’action soit particulièrement originale, on retiendra surtout l’effort effectué pour associer à la fin de chaque chapitre une chanson différente. Plein de styles y passent, allant de la chanson soporifique au bon vieux groupe de métal, ce qui donne au final un OST très complet qui change réellement de l’ordinaire et devrait ravir de nombreuses oreilles :)

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Sinon, il y a Rule of Rose

En fait, je me rend compte que je n’ai finalement que peu de défauts à attribuer à Alan Wake, ma sensibilité et mon petit côté chocotte ne pouvant lui être mis sur le dos =D Pourtant, je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec un vieux surival-horror, sorti sur PlayStation 2 il y a maintenant quelques années, et qui sur le plan du scénario et de sa mise en scène a marqué ma culture du jeu vidéo à jamais : Rule of Rose. Alors soyons clairs tout de suite, sur le plan technique, ce jeu dont je vous parle est à des années lumières d’Alan Wake (même à sa sortie, il était déjà loin d’être dans le peloton de tête). Mais sur le plan scénaristique, il y a ce petit quelque chose de similaire : un monde qui semble en dehors de la réalité, et pourtant tellement d’éléments qui l’y rattachent et qui guident le héros (ou l’héroïne dans le cas de RoR) dans sa recherche de la vérité. Au fur et à mesure de l’avancement de ces deux jeux, les différents documents ramassés (des pages de manuscrit dans Alan Wake) sont autant de pièces du puzzle qui s’imbriquent peu à peu, laissent place à notre imagination pour effectuer les suppositions les plus folles, pour enfin révéler la vérité, mais de manière détournée afin de laisser une part de doute sur laquelle chaque joueur aura sa propre opinion (et qui servira certainement à alimenter les forums de JeuxVideo.com).

D’ailleurs, si je devais faire le parallèle avec un film, je comparerais Alan Wake à L’Orphelinat. Non pas que les événements relatés soient semblables, loin de là, mais il y a quelque chose d’assez semblable dans leur approche de la vérité, quelque chose qui au final doit amener le spectateur/joueur à comprendre, mais également à douter et à tirer du peu qu’on ne lui a pas révélé l’interprétation qu’il désire en faire.

Cependant, et vous allez peut-être maintenant comprendre pourquoi je vous dis tout ça, Alan Wake ne réussit pas cet exercice aussi brillamment que les 2 autres œuvres citées. Dans L’Orphelinat, film oblige, tout est expliqué de manière claire et directe, sans que l’explication rationnelle ne soit forcément convaincante pour tout le monde. Dans Rule of Rose, au contraire, il faut prendre le temps trouver et de lire soi-même les indices qui traînent ça et là, de les mettre bout à bout, et d’effectuer soi-même le travail de réflexion… un peu comme dans Alan Wake, donc ! Mais voilà, dans Rule of Rose, les pièces du puzzle s’imbriquent bien plus facilement et l’ambiance générale du jeu, le mystère qui plane, sont bien plus stimulantes quant à ce qui est de la recherche de la vérité. Dans Alan Wake, je n’ai malheureusement pas ressenti cela. Les différentes pages du manuscrit traînent en effet un peu partout, dans des endroits la plupart du temps peu éclairés, et je dois dire que le stress et l’obscurité qui règnent constamment dans le jeu ne m’ont à aucun moment incitée à me détourner de ma route pour les chercher et encore moins à m’arrêter au beau milieu d’une inquiétante forêt pour les lire. Tout du long, le scénario, qui pourtant avait un potentiel énorme, m’a donc paru totalement confus, et sa mise en scène loupée l’a rendu affreusement fade à mes yeux. Beaucoup ne seront certainement pas de mon avis. Mais je pense que les joueurs qui, comme moi, n’oseront pas se détourner de leur chemin passeront à côté de nombreux éléments qui leur auraient facilité la compréhension du dénouement final.

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En conclusion

Je ne saurais donc finalement que trop vous conseiller de jouer à Rule of Rose… Euh non, ce n’est pas tout à fait ce que je voulais dire (même si je le pense) :p A vrai dire, Alan Wake est un très bon jeu qui a le mérite de totalement sortir de l’ordinaire et d’imposer une ambiance incroyable qui marche du tonnerre sur les joueurs les plus sensibles (j’ai honte…). De plus, la réalisation, sans être parfaite bien sûr, est tout de même assez irréprochable, et l’OST si particulier collera à la peau de ce jeu et à la mémoire des joueurs très certainement un bon bout de temps. Malheureusement, la mise en scène peu brillante gâche les révélations d’un scénario digne d’un bon roman, et pour peu que l’on y accroche pas, Alan Wake s’avère finalement assez répétitif dans son gameplay et dans ses environnements. Il n’en demeure pas moins une expérience de jeu unique, telle que l’on en voit que trop peu sur la console de Billou.


 
  • Graphiquement réussi
  • OST varié et original
  • Scénario digne d'un bon thriller
  • Jouabilité correcte pour un jeu de ce type
  • Ambiance parfaitement maîtrisée
  • Barry
 
  • Ames sensibles, s'abstenir !
  • Scénario confus dans sa mise en scène
  • Gameplay répétitif
  • Chapitre final particulièrement ennuyeux

Même si le scénario m'a déçue et que je n'ai, de souvenir, jamais eu autant les chocottes devant un jeu vidéo que devant celui-ci (ce qui, cependant, peut être un + notable), je dois admettre que l'expérience Alan Wake m'a plu et que les futurs DLC seront certainement miens. Son excellente réalisation et son ambiance incroyable sont des atouts majeurs qui raviront sans aucun doute les amateurs de thrillers à la frontière de l'horreur. Un jeu à tester sans attendre, ne serait-ce que parce qu'il est le seul de ce genre sur 360 !



  
Lire les commentairesCommentaires ( 3 ) 
   Posté le 13/06/10 à 18:55:19
     
  • 14 juin 2010 - 00:06
     
    maspalio  

    merci pour le test ! je viens de le finir aujourd’hui et franchement c’est une vrai moment de bonheur !

  • 22 juin 2010 - 23:11
     
    B!gBossFF  

    Excellent test ! Pour l’instant, j’en suis au quatrième épisode, et je dois dire que ce jeu est en train de me foutre une claque monumentale. Principalement grâce a son immersion. Jamais ténèbres n’auront parues aussi vivantes, et le travail sur les sons est admirable.

    En revanche, je dois dire que Silent Hill me fout encore plus les chocottes que Alan Wake, notamment grâce a ses sons éthérées, qui font imaginer beaucoup de choses au joueur, alors qu’elle ne sont pas forcément présents. Alan Wake joue moins sur le hors champ… c’est un peu dommage.

    En tout cas, voilà un jeu totalement abouti, très original… et que l’on qualifier de « next gen ». Chose rare…

  • 5 novembre 2010 - 16:41
     
    Munchaza - Test du DLC Alan Wake : L'écrivain | Munchaza  

    [...] est donc le nom du second DLC du jeu Alan Wake et fait donc suite à son prédécesseur, Le signal. L’histoire reprend donc là où ce [...]



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