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A propos de Smunchie
Auteur : Smunchie Classé dans : Jeux vidéo  
[Test] Black Mirror II Jeux vidéo

Black Mirror 2 est le dernier jeu d’aventure/point ‘n click de Micro Application. Suite du premier opus (que nous avons eu la chance de recevoir également, mais pas encore de tester ^^’), il nous place 12 ans après les événements de ce dernier dans la peau de Darren Michaels, une nouvelle victime de la terrible malédiction des Gordon. Bien que n’ayant, en apparence, rien à voir avec cette famille au passé entaché de sang et de nombreux drames, sa rencontre avec Angelina, une jeune étudiante anglaise, finit par l’amener dans le tristement célèbre village de Willow Creek et le plonge à s’insinuer malgré lui dans les terribles et terrifiants secrets des Gordon.

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Une ambiance adulte et malsaine

Black Mirror 2 est un jeu qui se base beaucoup sur son scénario, et ce n’est pas pour rien. Doté d’une ambiance très sombre et particulièrement angoissante, on sent dès les premières heures de jeu que beaucoup de secrets ne demandent qu’à être découverts, aussi bien dans le Main, où Darren passe initialement ses vacances chez sa mère, qu’à Willow Creek, ce village glauque qui, tous les 12 ans, est le lieu d’un drame terrible. A vrai dire, le jeu pourrait très bien se diviser en 2 parties. Car avant de nous plonger dans le mystère des Gordon et de nous apporter la moindre révélation, c’est à des centaines de kilomètres de là, dans la petite vie bien rangée de Darren, que Black Mirror 2 nous propose de nous insinuer. Les scénaristes ont en effet eu la présence d’esprit de nous laisser découvrir et nous familiariser avec les différents personnages, et en particulier avec le caractère bien trempé de Darren, avant de réellement nous confronter à la sombre histoire qui va les aspirer et les engloutir. Beaucoup de questions sont soulevées dans le Main et contribuent à alimenter le mystère qui plane autour de Darren et d’Angelina, et surtout une envie croissante de leur trouver des réponses. Car il faut très peu de temps pour se laisser captiver. Black Mirror 2 a en effet ceci d’exceptionnel qu’il offre une ambiance et une atmosphère uniques terriblement prenantes et adultes. Jamais un moment de répit ne nous est réellement accordé, et lorsque Darren traverse, suite à un concours de circonstances, l’Angleterre pour rejoindre Angelina, on sait que le voile sera bientôt levé, mais que cela ne sera pas de tout repos.

Mais si cette atmosphère pesante parvient si bien à nous attraper dans ses filets, c’est parce qu’aussi bien les décors que la bande son vont dans ce sens. Black Mirror 2 est en effet un jeu soigné tout autant graphiquement que sur le plan scénaristique. Les décors sont de toute beauté et bénéficient de jeux de lumière réussis. Il n’est d’ailleurs pas rare de visiter le même lieu plusieurs fois, à des moments de la journée différents, et d’avoir le sentiment de le redécouvrir sous cette nouvelle luminosité. Même s’il n’y en a pas forcément énormément, les endroits visités sont donc suffisamment grands et suffisamment « différents » d’un passage sur l’autre pour ne pas donner la moindre impression de répétitivité. La seule ombre au tableau vient cependant des personnages qui n’ont pas réellement bénéficié du même soin que celui apporté aux décors. L’incrustation n’est en effet pas toujours des plus réussies et les animations s’avèrent assez rigides et peu réalistes. Mais c’est surtout dans les interactions avec les éléments qui jonchent les différents lieux que le jeu montre le plus de faiblesses techniques. Les mains de Darren s’articulent ainsi très souvent dans le vide, et pas forcément avec les bons mouvements. Les développeurs n’ont d’ailleurs pas pris la peine de modéliser les objets issus de l’inventaire pendant leur utilisation, rendant celle-ci très étrange à l’écran. Il est donc un peu dommage que ces petits « détails » malgré tout, et malheureusement, très visibles viennent entacher un travail exemplaire sur la réalisation.

Quant à la musique, je vous en parlais tout à l’heure, elle ne restera certainement pas dans la mémoire des joueurs. Mais ça, c’est parce qu’elle sait se montrer suffisamment discrète pour ne délivrer que le nombre minimum de notes nécessaires à soutenir le jeu et son ambiance si particulière. Ainsi, on oublie souvent sa présence, tandis qu’elle contribue secrètement à alimenter notre malaise et le mystère planant sur le jeu.

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Des mécanismes bien rodés

Si sur le plan de l’ambiance, Black Mirror 2 n’a pas à rougir d’une concurrence très rude en ce moment, sur le plan du gameplay il ne révolutionne cependant pas le genre. Je vais être claire tout de suite, il s’agit là d’un point ‘n click relativement classique. Un clic gauche sur un objet permet donc d’en obtenir une description et de le ramasser dès qu’une main s’affiche. A noter que Darren a souvent pas mal de choses à dire sur certains éléments, et que si ceux-ci s’avèrent lui être peu utiles après réflexion, il n’est ensuite plus possible de les sélectionner : un bon moyen de nettoyer l’écran de ce qui ne nous intéresse pas.

L’inventaire, lui, est caché au bas de l’écran et apparaît au passage de la souris : une technique peu originale et pas forcément toujours très judicieuse, car certains éléments avec lesquels il est possible d’interagir sont parfois placés assez bas, et cliquer dessus sans ouvrir l’inventaire s’avère donc gênant et peu pratique. Comme dans tout point ‘n click qui se respecte, il est également bien évidemment possible d’obtenir des informations sur les objets transportés d’un simple clic droit dessus, ou de les combiner, et les déplaçant l’un sur l’autre. Bref, du très grand classique qui a cependant le mérite de permettre aux habitués du genre de se plonger directement dans l’histoire sans avoir à subir une phase d’adaptation au préalable.

A vrai dire, le seul endroit où Black Mirror 2 « innove » côté gameplay, c’est sur ses aides de jeu. Et là, eh bien on aurait malheureusement peut-être pu s’en passer. En effet, lorsqu’on comprend que la touche « Espace » permet d’afficher à l’écran tous les objets avec lesquels il est possible d’interagir, il est très difficile de s’en passer pour être certain de ne rien louper. Mais le pire vient de l’utilisation des objets. En effet, lorsqu’on sélectionne un objet dans son inventaire et qu’on le passe sur les autres, ou sur les éléments du décor, une flèche apparaît. Tant que celle-ci est grise, cela signifie que l’objet sélectionné et sa cible n’ont rien à voir entre eux. Mais si elle passe au rouge, cela indique une interaction. Mine de rien, ces renseignements sont précieux et facilitent un peu trop les choses. Les habitués risquent donc d’être un peu vexés d’être encadrés de la sorte et qu’on leur dise sans arrêt si ce qu’ils comptent faire est utile ou non. Les moins à l’aise seront cependant peut-être quand même heureux d’avoir un petit coup de main, surtout que le jeu n’est pas forcément l’un des point ‘n click les plus simples (en n’étant de loin pas le plus dur cependant).

En contrepartie, contrairement à bon nombre de ses confrères, il faut cependant noter qu’il est possible de mourir. Certains passages, très courts et plus ou moins indiqués, vous demanderont en effet de réagir et d’utiliser un objet très vite pour échapper à la mort. Sans quoi, vous aurez le droit de voir Darren s’écrouler toujours de la même façon, quelle que soit la situation, complètement ensanglanté (un peu étrange lorsqu’il périt noyé), et ce sera le « Game Over ». Heureusement, une sauvegarde automatique quelques secondes avant le drame sera toujours là pour vous sauver, rendant le recours fréquent aux sauvegardes peu nécessaire.

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En conclusion

Black Mirror 2 est donc un point ‘n click classique sur le fond, qui ne dépaysera aucun habitué du genre. C’est davantage sur la forme qu’il puise toute son originalité et arrivera très certainement à s’attirer un public comblé. Avec son ambiance mystérieuse et les nombreux secrets que cache la famille Gordon, il offre une expérience de jeu adulte, oppressante et diablement prenante, qui ne laissera pas les amateurs d’histoires sombres et mystiques indifférents. Ceux que le premier opus avait déjà marqué sauront certainement encore plus heureux d’en apprendre davantage sur Willow Creek et ses habitants. Les autres, comme nous, pourront tout de même s’y plonger également sans crainte d’être perdus, puisqu’il s’agit là d’une aventure à part entière. D’autant plus que là fin est originale et reste ouverte sur un éventuel troisième épisode !

Enfin, quant aux énigmes qu’il propose, outre une certaine répétitivité sur certaines, elles offrent un challenge dans la normale du genre malgré le système d’aide un peu trop tentant. Reste que les solutions de certaines sont parfois un peu aberrantes et que Darren risque de passer pour un super héros en réalisant parfois des miracles qui « non les enfants, ne sont pas à reproduire chez vous », mais que serait un point ‘n click sans son lot d’exagération et d’irréalisme ? ;)

Bref, un très bon jeu, et surtout actuellement une très bonne alternative aux Chroniques de Sadwick pour ceux qui préfèrent les ambiances adultes aux graphismes colorés !


 
  • Ambiance sombre et pesante à souhait
  • Difficulté bien dosée
  • Scénario intéressant
  • Fin ouverte
  • Mécanismes de jeu clairs et efficaces
  • Décors très agréables à l'œil
 
  • Incrustation et animation des personnages pas toujours au top
  • Quelques énigmes redondantes
  • Solution de certaines énigmes peu réaliste
  • Ecrans de mort laids et pas toujours adaptés à la situation

Black Mirror 2 est un jeu passionnant et immersif. Peu original sur le plan du gameplay, il offre cependant des mécanismes de jeu simples et relativement efficaces qui permettent de se plonger rapidement dans l'aventure. Même si les énigmes sont parfois assez convenues, la difficulté est bien gérée malgré un système d'aide un peu trop envahissant. Un point' n click adulte, bien réalisé et qui devrait combler les amateurs du genre.



  
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   Posté le 06/06/10 à 19:42:22
     

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