Il y a quelques jours, nous avions reçu le jeu Dark Void sur PS3 de la part de Capcom (que nous remercions encore). Mes premières impressions étaient relativement bonnes, malgré les nombreux tests incendiaires lus à propos de ce jeu. Malheureusement, j’ai vite déchanté…

Pourtant, sur le principe, Dark Void est loin d’être un mauvais jeu et aurait pu donner quelque chose de franchement sympa. Graphiquement pas dégueulasse, il dispose d’une diversité de gameplay intéressante et pleine de bonnes idées. Le jetpack est très simple à prendre en main, et le petit boost au décollage qui déstabilise le héros (Will), même s’il ne surprend qu’une fois, est bien pensé. De même, Dark Void alterne les phases de shoot à l’horizontal et à la vertical. Ainsi, en se plaçant au bord d’une plateforme (ou en s’y agrippant) il sera possible de tirer sur les ennemis présents un peu plus bas (ou plus haut). Ce système de visée ne change pas grand-chose par rapport au mode normal (à l’horizontal, on fonce, on se planque, et pan pan pan), mais il apporte quelques petites modifications de gameplay intéressantes qui donnent un regain d’intérêt pour le jeu.

Plus généralement, Dark Void emprunte pas mal de choses, dans son gameplay principalement, à des jeux tels Uncharted 2. Ainsi, par simple pression sur la touche « Carré », il est possible de se cacher derrière des éléments du décor. De là, il est possible de canarder les adversaires aussi bien en visant qu’en tirant à l’aveuglette. Ceci, tout comme la plupart des contrôles, ne déstabilisera pas non plus les fans du dernier né de Naughty Dog. De même, la psychologie des personnages semble s’être royalement inspirée de Nathan Drake et de ses amies. Aussi, Will passe pour un bon vivant, un peu boulet sur les bords, à l’humour un poil ironique qui s’exprime souvent à des moments pas très propices à la plaisanterie, mais bien sûr très fortiche dans son domaine à l’image de son modèle. De même, Ava, son ex, n’est pas sans rappeler Elena et sa force de caractère. Cependant, il manque à tous ces personnages un petit (gros) quelque chose pour les rendre attachants : une âme. Car on a souvent davantage l’impression de contrôler un pantin qui se laisse dicter tout ce qu’il doit faire par une bande de résistants, qu’un vrai héros capable de réfléchir par lui-même.

Malheureusement, cette absence de profondeur se retrouve un peu partout dans le jeu. Le scénario, tout d’abord, manque cruellement d’attrait, et tombe le plus souvent dans le classicisme pur et dur. Malgré certains passages qui laissaient supposer une révélation intéressante, un retournement de situation, le dénouement est finalement d’une platitude sans nom, et les dialogues kitsch au possible. De même, les décors ne se renouvellent jamais. Pourtant pas laids, avec parfois de jolis effets de lumière, ils finissent par faire mal aux yeux car trop sombres et trop peu variés. Dans ces environnements ultra-répétitifs, on se lasse donc encore plus vite de suivre ce scénario dirigiste et trop peu inspiré. Pire, on en vient à souhaiter la fin du jeu, qui d’ailleurs arrive comme un cheveu sur la soupe, sans qu’on s’en rende forcément compte (j’étais sûre qu’il y aurait encore un chapitre après moi…) avec un boss visuellement impressionnant mais bien trop évident à achever pour être crédible.

Bref, si Dark Void s’en était arrêté là, il aurait déjà été un jeu moyen, bien que pas désagréable du tout à jouer. Malheureusement, d’autres « détails » parfois très gênants viennent entacher la progression. Le jeu souffre en effet de bugs plus ou moins importants, allant de simples bugs d’affichage plutôt flagrants et courants, à certains problèmes de mort subite (Will qui meurt d’un coup sans même avoir été touché, y compris pendant certaines QTE…), voire, plus grave, à des plantages complets de la console. Si ma PS3 est souvent sujette à ce genre de plantages (cela m’est arrivé quelques fois dans Darksiders pour ne citer que le plus récent), avec Dark Void, cela bat des records. A tel point qu’il a même réussi l’exploit de freezer durant une auto-sauvegarde, me forçant à recommencer l’épisode en cours (et heureusement, pas le jeu complet, sans quoi je pense que je ne m’y serais jamais remise). De tels problèmes sont d’autant plus dérangeants qu’il n’est pas possible de sauvegarder manuellement, et que l’auto-sauvegarde est souvent très capricieuse et assez incompréhensible. Il n’est donc pas rare en cas d’arrêt du jeu (volontaire ou non…) de reprendre la partie bien avant l’endroit où l’on s’était arrêté. Il m’est par exemple même arrivé de devoir recommencer la fin d’un chapitre, alors que j’avais déjà commencé le suivant….

Histoire de me faire plaisir au moins une fois, je terminerais donc ce test par une dernière critique, bien moins importante, mais qui m’a fait beaucoup rire. On se demande en effet ce que les développeurs ont fumé lorsqu’ils ont réalisé les cinématiques. Basées sur le moteur du jeu (faut pas s’attendre à du Square Enix…), elles arrivent pourtant à réaliser l’exploit d’être bien plus laides et fades que ce dernier. Pire, les personnages y sont parfois totalement disproportionnés. A se demander qui aura la plus grosse main ou le plus gros flingue (parfois plus grand que la personne qui le tient …). Déjà culte !

Bref, vous l’aurez compris, Dark Void est loin d’être mon coup de cœur de l’année ! J’aurais pourtant adoré avoir le même genre de surprise qu’avec Bionic Commando (qui commençait mal, mais m’avait finalement scotchée), mais c’est tout le contraire qui s’est produit, mon intérêt pour le jeu diminuant d’heure en heure. Un beau gâchis lorsqu’on voit les idées de départ pourtant pas mauvaises du tout.












merci de ton excellent test , comme à chaque fois.Dark void m’avait bien plu lors du micromania game show.Malgré les critiques négatives je vais me le prendre en import uk pour quelques livres histoire de me faire mon propre avis .
Excellent test, avec tout les tests négatifs que j’ai vu, je crois vraiment pas que je vais l’acheter ou peut être pour un Platine facile…