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Auteur : Smunchie Classé dans : Jeux vidéo  
[Test] Les Chroniques de Sadwick : The Whispered World Jeux vidéo

Alors que la version française des Chroniques de Sadwick vient tout juste de sortir hier en France, la version anglaise, elle, était disponible un peu plus tôt sur des sites comme Adventure Shop. Ayant donc pu me procurer celle-ci un poil en avance, j’ai pu finir cet excellent point ‘n click assez vite pour, pour une fois, pouvoir vous fournir un test dans les temps ! :)

Les Chroniques de Sadwick, c’était à la base un jeu qui m’avait tapé dans l’œil lors de la publication des premiers screenshots. Ces derniers, véritables œuvres d’art, avaient suscité chez moi un intérêt certain pour ce jeu, que j’avais cependant oublié l’espace de quelques temps. La visite d’Aza dans les locaux de l’agence Edolone m’a cependant rappelé son existence, et j’étais donc vraiment déçue de ne pas avoir pu m’y rendre avec lui pour le tester moi-même (mais très heureuse qu’il en ait ramené l’OST :D ). Ses premières impressions étant cependant plutôt positives, c’est ce qui m’a motivée à ne même pas attendre la sortie française pour me jeter sur ce jeu.

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Et le moins que je puisse dire, c’est qu’à aucun moment je n’ai été déçue. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas passé plusieurs jours sur un point ‘n click pour le finir d’une traite, et que je n’avais pas montré tant d’ardeur pour en résoudre les énigmes les plus tordues. Pourtant, je suis fan de la loufoquerie des inspecteurs freelance Sam et Max, des (més)aventures de Brian Basco, et mon meilleur souvenir du genre reste incontestablement la découverte de l’Atlantide par l’intrépide Indiana Jones (oui ça date). Mais Les Chroniques de Sadwick m’a véritablement conquise sur (presque) tous les plans et m’a totalement capturée dans ses filets, au point de ne plus pouvoir le lâcher. Mais je vais peut-être arrêter de vous dévoiler toute la chute avant même d’être entrée dans le vif du sujet ;)

Pour reprendre du début donc, Les Chroniques de Sadwick nous conte l’histoire de Sadwick (vous ne vous en seriez bien sûr pas doutés), un jeune clown plus branché dépression, cynisme et triste réalisme que joie, gaieté et rigolade. Ce petit « boute-en-train » partage sa vie avec son grand frère Ben, son grand-père sénile et une étrange chenille dénommée Spot qui lui fait office d’animal de compagnie et de seul ami. Autant dire que cette vie au sein du cirque ambulant de sa famille ne passionne pas vraiment notre héros, qui n’attend ne serait-ce qu’une minuscule occasion pour lui apporter un peu de piment. Occasion qui bien sûr va se présenter bien plus tôt qu’il ne le pense lorsque suite à d’étranges rêves, il va se sentir investi d’une mission, celle d’empêcher la fin du monde.

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Dit comme ça, le scénario n’a pas l’air franchement folichon ni spécialement original. Mais l’univers des Chroniques de Sadwick est pourtant tout ce qu’il y a de plus envoûtant. On prend en effet davantage de plaisir qu’on aurait pu l’imaginer à incarner un clown dépressif. La plupart des personnages rencontrés étant eux-mêmes tous plus étranges les uns que les autres, cela donne en effet lieu à des dialogues généralement assez cocasses. Qui plus est, le scénario est plein de surprises, et la destinée de Sadwick n’est pas exactement celle qu’il espérait. Ce bouleversement, qui se révèle assez tôt dans le jeu, apporte ainsi une certaine originalité et extrêmement de curiosité dans l’aventure. On se demande en effet quelles galères attendent encore le pauvre clown, mais surtout par quel moyen il va bien pouvoir se tirer de l’embarras dans lequel il s’est mis (lui, et le monde entier d’ailleurs). Si le déroulement s’avère au final assez banal (du moins autant que l’autorise un point ‘n click aux énigmes souvent surréalistes), la seule attente du dénouement final nous maintient donc en haleine du début à la fin. D’autant plus que ce fameux dénouement réserve une surprise de taille, un choix tout simplement cornélien qui laisse entrevoir une double fin, mais qui malheureusement s’avère être davantage une façade qu’autre chose, notre décision finale étant finalement imposée. Cela sera d’ailleurs très certainement mon seul regret quant à l’histoire de Sadwick.

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Mais de toute façon, là où ce jeu épate le plus, c’est dans sa forme, et non dans son fond (pourtant travaillé). Comme je vous l’avais déjà dit, les premiers screenshots issus des Chroniques de Sadwick m’avaient émerveillée. Eh bien il en est de même du jeu dans son intégralité ! Peints à la main, les décors sont en effet tous plus magnifiques et époustouflants le uns que les autres. A l’heure où tout le monde se lance dans une course technologique interminable (mais bénéfique au monde du jeu vidéo cependant), Les Chroniques de Sadwick prend cette mode totalement à contre-pied en proposant une sorte de dessin animé interactif renversant. Les couleurs sont chatoyantes, les environnements variés (bien que peu nombreux) et les animations des personnages minimalistes mais travaillées. On a donc presque envie de prendre des screenshots à chaque nouvelle zone visitée et de les imprimer pour les faire encadrer ! J’ai cependant bien dit « presque » pour la simple et bonne raison que l’incrustation des personnages dans ces décors si parfaits manque tout de même parfois un peu de finesse, et laisse entrevoir des pixels qui détonnent quelque peu avec l’aspect si lisse du background. Bref, vous l’aurez compris, les phases in-game de Sadwick sont à tomber parterre, et il est vraiment dommage que les cinématiques (peu nombreuses ceci dit) n’aient pas eu le droit au même soin. Alors que les couleurs des décors sont vives et chaudes, avec des effets de lumière travaillés, celles de ces quelques interludes rappellent davantage les vieux dessins animés mal colorisés de l’époque. Un changement radical qui détone autant qu’il étonne, et demeure surtout assez incompréhensible. S’il s’agit là d’une tentative de style elle est malheureusement loupée, et on a juste l’impression que la colorisation des cinématiques a été laissée à un studio tiers qui ne maîtrise pas vraiment cet art (peut-être est-ce le cas ceci dit, qui sait).

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Mais il serait tout de même dommage qu’une vingtaine de minutes de cinématiques (à tout casser) viennent gâcher le plaisir d’une vingtaine d’heures de jeu aussi belles et aussi intenses que celles-ci. Une vingtaine d’heures seulement cependant, oui, et encore (enfin à vue de nez, car les sauvegardes ne donnent, malheureusement pour moi, aucune indication à ce sujet) ! La durée de vie est donc assez moyenne pour un jeu de ce type, et Les Chroniques de Sadwick ne comprend ainsi que 4 chapitres finis un peu trop vite à mon goût. Après, tout est relatif cependant, car il est évident que dans un tel jeu, tout dépend du temps que vous allez passer à résoudre les énigmes et à trouver les objets manquants, certains ayant plus de facilité que d’autres. Cependant, une fois les concepts de base assimilés, Les Chroniques de Sadwick n’est globalement pas spécialement difficile. La touche « Espace » vous permet d’ailleurs de voir tous les objets avec lesquels il est possible d’interagir à l’écran, ce qui facilite grandement les choses. En fait, la plus grosse difficulté réside dans le fait d’intégrer le gameplay associé à Spot. Celui-ci peut en effet être utilisé pour vous venir en aide dans différentes situations, mais également changer de forme à votre demande (ses différentes transformations s’acquérant au fil du jeu, à certains moments clé). Les énigmes nécessitant l’usage de Spot sont parfois bien tordues et demandent même quelques fois de le transformer plusieurs fois à la suite. Cependant, dans l’ensemble, qu’elles fassent appel à Spot ou non, la plupart suivent une logique assez… eh bien… logique justement, et le simple fait de parler aux personnages (très peu nombreux !) présents dans le chapitre suffit généralement à donner de précieux indices sur la marche à suivre. Encore faut-il bien sûr combiner les bons objets entre eux, difficulté assez récurrente dans les point ‘n click.

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Au final, mises à part ses cinématiques d’un autre temps, Les Chroniques de Sadwick : The Whispered World est donc une réussite totale. Immersif, passionnant, drôle (d’un humour plus noir et cynique que jovial cependant, à l’image de son héros) et surtout magnifique, voilà un point ‘n click qui change des productions actuelles, et qui le fait magistralement bien. Alors bien sûr, on regrettera qu’il ne dure pas plus longtemps (mais quand c’est bon, c’est forcément trop court !), et certains aigris pourront lui reprocher une prise en main éventuellement laborieuse (mais si vous ne parvenez pas à garder le bouton gauche de votre souris enfoncé 3s, c’est soit que vous le faites exprès pour pouvoir râler, soit que le PC, c’est pas fait pour vous !), mais dans l’ensemble il faudrait être aveugle (au sens propre) pour ne pas au moins reconnaître les qualités de ce jeu. Un point ‘n hit, définitivement.


 
  • Décors somptueux, couleurs chatoyantes : une œuvre d’art
  • Scénario intéressant et fin inattendue
  • Dialogues amusants
  • Difficulté correctement dosée
  • Excellents doublages (dans la version anglaise du moins)
  • Sadwick, ce héros atypique
  • Spot, ce compagnon si touchant (et utile)
 
  • C’est quoi ces cinématiques ??
  • Trop court
  • Incrustation des personnages pas toujours au top

Les Chroniques de Sadwick n'a rien à envier aux références du genre. Avec son univers totalement à part, son héros atypique et ses graphismes à vous couper le souffle, il joue en effet dans une toute autre catégorie, une catégorie que l'on aimerait bien voir s'étoffer encore davantage avec le temps. Car il s'agit là d'une expérience de jeu intense, prenante et bouleversante, que l'on aimerait continuer encore bien longtemps, mais qui malheureusement s'achève bien trop vite, comme tout ce qui est trop bon pour être vrai.



  
Lire les commentairesCommentaires ( 3 ) 
   Posté le 30/04/10 à 17:01:46
     
  • 1 mai 2010 - 09:38
     
    Cecilux  

    Un jeu bien sympa ! Merci pour ce test

  • 12 mai 2010 - 01:10
     
    Bababaloo  

    Merci pour ce test ! Ce jeu a tout bonnement l’air génial mais il n’est malheureusement pas compatible Mac :/ Il ne me reste plus qu’à attendre une hypothètique sortie sur Steam qui arrive enfin sur Mac ou alors en DLC direct chez l’éditeur !

  • 22 septembre 2010 - 12:03
     
    Munchaza - Concours Les Chroniques de Sadwick | Munchaza  

    [...] a réussi ce défi avec brio. Je ne vais pas en refaire le test, puisque celui-ci est déjà dispo ici-même et que je pense y avoir déjà dit tout le bien que j’en pensais, mais quitte à essayer de [...]



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